Protocole royal au Maroc
La géométrie du pouvoir, l’élégance des formes, la discipline du détail
Il y a, au Maroc, des scènes que l’on croit connaître parce qu’on les a déjà vues. Une arrivée qui ralentit légèrement au seuil d’un lieu symbolique. Un alignement qui paraît naturel, alors qu’il a été pensé au millimètre. Un drapeau qui ne “décore” pas, mais qui affirme, sans élever la voix. Une phrase d’accueil qui ne s’attarde pas et, justement pour cela, tient sa promesse. Le protocole royal vit dans cette zone de précision où l’on comprend soudain que l’ordre n’est pas une coquetterie, mais une langue. Une langue silencieuse, parfois plus éloquente qu’un long discours.
Ce que l’on nomme protocole, par facilité, est souvent réduit à l’étiquette, comme s’il s’agissait d’une politesse raffinée, d’un folklore ou d’une habitude. Or le protocole royal, lorsqu’on le regarde de près, ressemble plutôt à une mécanique douce, presque invisible, qui protège l’essentiel : la lisibilité de l’État, la dignité des fonctions, la cohérence d’un récit national. Il ne cherche pas à impressionner. Il cherche à ne pas trahir.
Une grammaire plus qu’un décor
Le protocole royal n’a pas pour vocation de “faire beau”. Il sert à faire juste. À éviter le heurt discret, celui qui ne se commente pas mais qui s’inscrit. Un titre imprécis, une fonction mal actualisée, une place donnée sans réflexion, une présentation menée trop vite : autant de détails qui paraissent minuscules au moment où l’on les commet, et qui deviennent immenses lorsqu’ils se reflètent dans l’image publique.
Dans cet univers, l’erreur n’a pas besoin de bruit pour exister. Elle se devine. Elle se ressent. Elle altère l’atmosphère. Le protocole est précisément l’art de prévenir cela, non par rigidité, mais par maîtrise. Quand il est réussi, il se fait oublier. Quand il est raté, il se voit partout.
La préséance, ou l’ordre visible des responsabilités
La préséance n’est pas une compétition d’importance. Elle est la traduction spatiale d’un ordre institutionnel. La préséance dit, sans commentaire, qui représente quoi, et dans quel cadre. Elle s’exprime par l’ordre d’accueil, l’ordre de présentation, l’ordre de parole, l’ordre de signature lorsqu’il y en a, et surtout par ce que l’on croit secondaire : un plan de salle.
Dans une cérémonie de haut niveau, une chaise est un signe. Une distance entre deux places devient une phrase. Une table d’honneur se lit comme un paragraphe. Le protocole écrit avec des axes, des rangs, des angles de vue. Les caméras ne font pas que capter. Elles révèlent. Elles tranchent. Elles exposent la cohérence ou l’incohérence d’un dispositif avec une cruauté tranquille.
L’accueil, ou la scène de reconnaissance
L’accueil, dans le registre protocolaire, n’est jamais une poignée de main anodine. C’est un rituel de reconnaissance. Qui accueille, où, à quel moment, avec quel relais, avec quelle distance, selon quelle formule : tout cela raconte déjà l’événement.
La réussite tient à une chose paradoxale : faire en sorte que l’ensemble paraisse simple. Dans les coulisses, pourtant, cette simplicité se prépare. Elle se répète. Elle s’anticipe. On prévoit des transitions pour que personne ne se retrouve exposé. On protège le rythme. On évite les flottements. Le protocole, ici, est un art du tempo.
Le moment de l’installation, là où tout se gagne
Il existe, dans toute cérémonie, une minute où la salle se fige légèrement. Chacun cherche sa place, son repère, son angle. C’est là que le protocole se gagne ou se perd. Un placement incohérent ne se rattrape pas par un discours brillant. Une tribune mal pensée ne s’oublie pas sous des projecteurs. Un parcours mal dessiné, même élégant sur le papier, devient un embarras dès qu’il faut circuler.
La beauté protocolaire n’est pas dans la multiplication des signes. Elle est dans la respiration. Dans l’équilibre. Dans l’évidence. Un dispositif réussi donne l’impression qu’il n’y avait pas d’autre manière de faire.
La parole : tenir sans surjouer
Dans l’univers royal, la parole n’a pas le droit de bavarder. Elle doit “tenir”. Elle doit pouvoir être citée sans rougir. Relue dans plusieurs années sans sentir l’instant. Le style protocolaire est une discipline plus qu’un effet : phrases nettes, transitions propres, titres exacts, sobriété assumée.
On confond souvent solennité et emphase. La solennité, ici, est une économie. On dit moins pour dire juste. On évite les formulations trop chargées. On ne cherche pas à “faire officiel” par accumulation. On atteint la hauteur par précision.
Les symboles : l’excès affaiblit, la cohérence renforce
Un symbole ne supporte pas qu’on le traite comme un objet décoratif. Trop de drapeaux, trop de slogans, trop de fonds graphiques, trop d’éléments qui se concurrencent : et l’image s’effondre sous son propre poids. On veut donner de la grandeur, on produit du bruit. Le protocole royal, dans sa logique, préfère la sobriété parce qu’elle laisse au symbole sa puissance.
La vraie tenue se voit dans ce que l’on refuse d’ajouter. Dans l’espace laissé au regard. Dans la capacité à poser un cadre simple qui ne se fatigue pas au premier passage caméra.
Dans les coulisses : une discipline silencieuse
Le protocole, vu de près, n’a rien d’un cérémonial figé. C’est un travail de repérage, de vérification, de coordination. On mesure. On prévoit. On écrit un déroulé minuté pour donner l’impression d’une fluidité naturelle. On prépare des solutions de rechange qui ne se verront jamais, et c’est tant mieux. Un protocole réussi est celui dont on ne parle pas, parce que tout a “simplement” eu lieu.
C’est aussi, au fond, une manière de respecter le public. De lui offrir une scène lisible. De lui permettre de comprendre sans qu’on lui explique. Dans une cérémonie, le protocole est la pédagogie invisible de l’État.
La rigueur qui ne laisse pas de place à l’erreur
On pourrait chercher la “petite faute” protocolaire comme on traque une fissure dans une façade, par réflexe, par habitude, presque par jeu. Dans l’univers du protocole royal marocain, cette chasse tourne court. La mécanique est trop tenue, la chaîne trop éprouvée, la vigilance trop intégrée aux gestes eux-mêmes. Ici, l’à-peu-près n’entre pas par effraction : il reste dehors. Les noms se vérifient, les titres se respectent, les fonctions se tiennent à jour, l’ordre se construit bien avant la lumière des caméras. Rien n’est laissé au hasard, justement parce que le hasard, en matière d’État, finit toujours par coûter plus cher qu’un long travail d’anticipation.
Ce qui frappe, au fond, c’est cette impression de maîtrise définitive : une scénographie sobre qui n’a jamais besoin d’en faire trop, un tempo qui ne se précipite pas, une parole qui ne déborde pas. Le protocole royal n’a pas à “rattraper” quoi que ce soit après coup, parce qu’il ne se conçoit pas comme un vernis à appliquer sur une réalité hésitante. Il est la structure même. La communication, elle, vient ensuite : elle éclaire, elle raconte, elle prolonge. Elle ne répare pas. Dans cet ordre-là, la solidité précède l’image, la cohérence précède le récit, la rigueur précède tout le reste.
La tenue publique : l’exactitude des formes, la force du silence
Il reste, au bout du compte, une idée très simple, presque sévère : la tenue publique ne se proclame pas, elle se fabrique. Elle se fabrique par l’exactitude des formes. Non parce que les formes seraient sacrées en elles-mêmes, mais parce qu’elles protègent ce qui dépasse les individus. Elles protègent la fonction. Elles protègent l’institution. Elles protègent le pays dans sa manière d’apparaître.
S’il fallait retenir une image, ce serait celle-ci : dans cet univers, un silence placé au bon moment pèse parfois davantage qu’un long discours. Un geste parfaitement réglé l’emporte sur une improvisation, même brillante. Une phrase sobre dépasse une formule spectaculaire. Le protocole royal ne cherche pas l’éclat, il choisit la tenue. Voilà pourquoi il dure.
Le serment visible : Quand l’allégeance devient une scène nationale
On l’appelle parfois “Fête d’allégeance”, comme si le mot suffisait à dire ce qui se joue. En réalité, la cérémonie d’allégeance (bayʿa) au Maroc n’est pas un simple rendez-vous du calendrier. C’est un moment où le pouvoir se rend lisible, où l’État se donne une forme, où l’histoire prend la voix d’un rituel. Elle s’inscrit aujourd’hui dans les célébrations de la Fête du Trône et se déroule, selon la pratique contemporaine, au Mechouar du Palais royal de Tétouan, avec des délégations qui représentent les régions du Royaume.
Ce qui frappe d’abord, c’est la manière dont le rite fabrique de la continuité. La monarchie ne s’y présente pas comme un pouvoir de circonstance, mais comme une institution qui dure, entourée d’un ordre, d’une mémoire, d’un protocole. Les textes officiels et les récits institutionnels soulignent précisément ce point : l’allégeance est décrite comme l’expression d’un lien ancien entre le Trône et la collectivité, rejoué publiquement, sans improvisation, comme un geste d’architecture nationale.
Un pacte avant d’être un spectacle : La bayʿa comme contrat politique et religieux
Le mot “bayʿa” porte une idée qui déborde la scène : celle d’un engagement. Le ministère des Habous, à travers un texte d’Ahmed Toufiq, insiste sur les dimensions contractuelles de la bayʿa dans l’histoire marocaine et sur son articulation avec l’ordre institutionnel.
Cette dimension contractuelle se tient au cœur d’un autre pilier symbolique : la figure du Roi comme Amir Al-Mouminine (Commandeur des croyants), consacrée dans la Constitution de 2011. Elle donne au rite une tonalité particulière : la souveraineté se présente aussi comme une responsabilité religieuse, une garantie d’arbitrage et d’unité.
Le Mechouar, ou l’État à ciel ouvert : Une scène conçue pour être comprise d’un seul regard
Le choix du Mechouar n’est pas un détail : c’est une scénographie d’État. Un espace ouvert, frontal, où l’on voit l’ordre des rangs, la discipline des trajectoires, la hiérarchie rendue calme, presque évidente. Les comptes rendus officiels de la cérémonie rappellent l’organisation : présence de la famille royale, participation des représentants de l’administration territoriale et des délégations régionales, clôture ritualisée.
Le rite raconte ainsi une chose simple : l’autorité n’est pas seulement une décision, elle est une mise en forme. Elle doit pouvoir se lire sans commentaire.
Le blanc, la foule, la répétition : L’unité par le vêtement, la force par le nombre
Dans l’allégeance, la couleur parle. Le blanc des djellabas et l’uniformité des silhouettes composent une image de collectif : un corps de notables, de représentants, de délégations, rassemblé non pour discuter, mais pour signifier. Les analyses universitaires sur le rituel montrent comment les gestes, les mouvements, les vêtements et la chorégraphie produisent un langage politique immédiatement reconnaissable.
La répétition annuelle renforce l’impression de temps long. Le rite ne dépend pas de l’humeur du moment : il revient, il s’installe, il s’impose comme un repère.
Le cheval et le parasol : Une souveraineté “ancienne” rendue moderne
Certaines images ont la densité des symboles anciens : le cheval, l’escorte, le parasol, les formules, l’alignement. Ce vocabulaire visuel renvoie à une souveraineté d’Ancien Régime, mais rejouée dans un cadre d’État contemporain. C’est précisément ce que soulignent plusieurs travaux de recherche : la sacralité monarchique au Maroc s’appuie sur des registres historiques – chérifibilité, baraka, bayʿa, commanderie des croyants – tout en s’ajustant aux formes modernes de légitimation.
Une tradition, et sa forme contemporaine : Le rituel comme réponse à la question de la centralité
Le rite a des racines profondes, mais sa mise en scène actuelle s’est aussi construite dans l’histoire récente. Des analyses sur l’évolution de la Fête du Trône expliquent comment la forme contemporaine du cérémonial a été structurée au XXe siècle, puis reconduite parce qu’elle accomplit une fonction politique : affirmer la centralité de la monarchie, produire de l’unité, ordonner les élites.
Même l’histoire du calendrier de la Fête du Trône et de l’annualisation de la cérémonie de bayʿa est documentée comme un processus : une tradition qui s’inscrit, se fixe, puis devient un repère national.
Ce que le Maroc reflète en une cérémonie : Continuité, unité, ordre, protection
Le symbolisme de l’allégeance tient, au fond, dans quatre idées qui reviennent toujours, qu’on les lise dans la langue des institutions ou dans celle
des chercheurs :
la continuité d’un État qui se pense sur la durée, l’unité d’un pays représenté par ses régions, l’ordre des fonctions rendu visible, et une forme de protection symbolique, liée à la figure du Commandeur des croyants.
La cérémonie n’explique pas. Elle montre. Elle n’argumente pas. Elle installe. Elle n’a pas besoin d’être longue pour être lourde de sens.




La première minute compte : Quand l’État accueille avant même de parler
Une visite d’État commence rarement par un discours. Elle commence par une image. Un avion qui se pose, une passerelle, un tapis, une musique, une ligne de silhouettes qui attendent dans un ordre qui n’a rien d’improvisé. Dès les premières secondes, tout est déjà dit sans le dire : le rang de l’invité, la hauteur du rendez-vous, la relation entre deux pays. Le cérémonial d’accueil n’est pas un théâtre au sens léger du terme. Il est un langage. Il évite les malentendus, fixe la dignité des fonctions, installe une atmosphère où le politique peut se déployer sans frottement.
Une visite d’État est une négociation, oui. C’est aussi une mise en forme. L’État n’entre pas dans une salle comme on entre dans un restaurant. Il avance par séquences, par rites, par gestes dont chacun a un rôle. Le protocole, ici, ne sert pas à briller. Il sert à rendre la puissance lisible, la confiance possible, l’échange stable.
L’accueil, ou l’art de rendre visible le respect : Passerelle, salut, drapeaux : la diplomatie en silence
Au pied de l’avion, rien n’est “petit”. Une poignée de main, une distance, un sourire trop long ou trop bref, une micro-hésitation sur le placement, et l’instant devient commentaire. C’est pour cela que l’accueil est une scène réglée. Les drapeaux ne décorent pas, ils déclarent. Les hymnes ne remplissent pas un vide, ils ouvrent officiellement l’espace commun. La présence d’une garde d’honneur n’est pas une touche martiale, c’est une manière d’écrire : “vous êtes ici l’invité de l’État, pas d’un individu”.
Dans les monarchies, cette première scène prend souvent une profondeur supplémentaire. L’accueil n’est pas seulement institutionnel, il est aussi symbolique : il relie la continuité de la Couronne à la continuité du pays. Les uniformes, les fanfares, la chorégraphie des saluts, la précision des alignements composent une image d’ancienneté maîtrisée, une forme de mémoire en mouvement.
Le cortège, ou la ville mise en ordre : Sécurité, trajectoires, foule : la géographie du pouvoir
Après l’accueil, vient le déplacement. Là encore, le cérémonial ne se contente pas d’“accompagner”, il organise l’espace. Le cortège trace une ligne claire entre le dedans et le dehors, entre ce qui est public et ce qui doit rester protégé. Les itinéraires sont choisis pour leur efficacité, mais aussi pour leur portée : traverser une capitale, passer par certaines avenues, approcher certains lieux, tout cela dit quelque chose du pays qui reçoit.
La foule, lorsqu’elle est présente, ne constitue pas une simple toile de fond. Elle fait partie du récit. Un accueil populaire, même discret, ajoute une couche de signification : la relation ne se limite pas à deux dirigeants, elle s’inscrit dans une image nationale. À l’inverse, une ville “trop vide” peut produire une froideur. Le cérémonial cherche l’équilibre : dignité sans agitation, chaleur sans désordre.
Le palais, ou la scène intérieure : Préséance, placements, portes qui s’ouvrent au bon moment
La visite d’État est souvent un aller-retour entre l’extérieur et l’intérieur, entre l’image publique et la précision des salons. Dans le palais, tout se lit par la préséance. Les placements dessinent une hiérarchie sans la nommer. Une table, une estrade, un fauteuil, une distance, une entrée par une porte plutôt qu’une autre : la diplomatie est parfois une architecture.
La photo officielle, souvent moquée parce qu’elle paraît convenue, reste un moment clé. Elle fige la relation. Elle devient archive. Elle sert de référence pendant des années. Un protocole bien tenu produit une photographie “évidente”. Une photographie évidente est une photographie qui ne crée pas de polémique.
Les entretiens, ou la parole tenue : Ce qui se dit, ce qui se signe, ce qui se tait
Les échanges politiques, les séances de travail, les entrevues élargies aux délégations : tout cela compose le cœur réel de la visite. Pourtant, même ici, la forme joue. L’ordre des interventions, la présence des ministres, la disposition des dossiers, la manière dont on annonce les sujets, tout cela évite le brouillage.
Lorsque des accords sont signés, le cérémonial encadre l’acte pour lui donner sa valeur. Un texte se signe devant témoins, dans un décor neutre et stable, avec des drapeaux à la bonne place, une table à la bonne hauteur, un rythme maîtrisé. Le protocole ne cherche pas l’effet. Il garantit la gravité.
Le banquet, ou la diplomatie par les codes : Table, toasts, menus : la relation dans le détail
Dans beaucoup de visites d’État, le banquet est plus qu’un dîner. C’est une scène de confiance. La table devient une carte politique : qui est placé près de qui, quels invités représentent quels mondes, quelles présences signalent une priorité stratégique. Les toasts, eux, ont leur rôle : ils disent le respect mutuel sans s’encombrer de détails sensibles. Le style est souvent sobre, parce que le trop-plein de mots trahit parfois un manque de solidité.
Même les cadeaux, lorsqu’il y en a, appartiennent à cette diplomatie silencieuse. On offre ce qui parle d’un pays : artisanat, symbole, mémoire culturelle. Un bon cadeau d’État ne cherche pas à impressionner. Il cherche à signifier.
La presse, ou le récit sous contrôle – Communiqué, images, cadence : ce que l’on donne à voir
Une visite d’État fabrique une narration. La presse en demande. Les images circulent vite. C’est pour cela que le protocole encadre aussi la communication : zones presse, moments autorisés, prises d’images, déclarations communes, communiqués. Tout est calibré pour éviter que l’essentiel se perde dans un détail mal cadré.
Le communiqué final, souvent bref, a une fonction précise : confirmer que la visite a eu lieu au bon niveau, rappeler les points clés, stabiliser la lecture. Ce texte n’a pas vocation à raconter la visite. Il a vocation à la verrouiller.
Le départ, ou la dernière impression – Saluer sans relâcher, conclure sans trop dire
Une visite d’État se termine comme elle a commencé : par une image. Le départ, parfois négligé, pèse pourtant lourd. Il ne doit ni s’étirer ni se précipiter. Il doit laisser une impression d’ordre, de continuité, de respect jusqu’à la dernière seconde. Un cérémonial réussi donne le sentiment que rien n’a dépassé, que tout a tenu, que la relation peut continuer après les caméras.
Ce que ces cérémonies protègent vraiment : L’État, la fonction, la relation
On croit souvent que le cérémonial est “du protocole” au sens superficiel. En vérité, il protège trois choses.
Il protège l’État, parce qu’il le rend lisible.
Il protège la fonction, parce qu’il évite que les personnes effacent les institutions.
Il protège la relation, parce qu’il empêche les maladresses de devenir incident.
Dans une visite d’État, la grandeur ne se mesure pas au bruit. Elle se mesure à la tenue. Une tenue qui ne s’explique pas, parce qu’elle s’impose d’elle-même.
Monarchie marocaine & monarchie britannique : deux héritages ancestraux qui se conjuguent




Quand Amman rencontre Rabat : la visite royale jordanienne en images



